29/01/2008
Fusion écoles - universités: l'institut montaigne est pour

L'institut Montaigne c'est à la fois un think-thank et un groupe de pression efficace. Une chose est sure, ils militent avec constance sur les mêmes sujets et inspirent les réformes des gouvernements de droite. Mais, il semble que plus que quelques hauts fonctionnaires et énarques, l'institut Montaigne se soit donné comme mission d'irriguer l'ensemble de la société de ses réflexions et convictions. Nous avons ainsi le loisir de croiser de plus en plus souvent son directeur, Philippe Manière, sur de nombreux plateau de télévisions et plus récemment, des spots vidéos illustrant une idée ont été conçu et diffusés (France3, BFM, Paris première, Le Monde...). Si vous avez la flemme de lire les rapports : "avoir des leaders dans la compétition universitaire mondiale" et "ouvrir les grandes écoles à la diversité", regardez au moins ce spot, le canada dry de la réflexion sur l'enseignement supérieur :
Sur le blog consacré à l'opération vous pouvez retrouver quelques lignes supplémentaires sur cette "bonne idée", et donner votre avis.
> Voir toute la campagne vidéo.
> En savoir plus sur l'institut Montaigne: fiche sur wikipedia
> En savoir plus sur l'institut Montaigne: rapport de l'observatoire français des think-thanks
08:20 Publié dans enjeux universitaires, Think thanks | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : université, école, étudiant, institut montaigne, montaigne, philippe Manière, compétition universitaire
08/06/2007
à l'université Bordeaux III : un congrès qui dérange.
# Certaines profitent du malaise et de l'isolement de certains étudiants, du relatif anonymat qui règne parfois dans certains secteurs de l'université pour recruter. (A travers de petites annonces dans les couloirs, à coup de groupes de "discussions conviviales", ou l'organisation de tournois de foot le dimanche.)# D'autres profitent de l'ouverture des campus pour carrément intervenir dans les amphithéâtres avant les cours et servir sur un plateau leur discours sectaire à des dizaines d'étudiants.# Il y a encore ceux qui, sans vergogne, installent un petit stand à l'entrée des R.U. le midi et apostrophent les étudiants.
> Toute la dépêche : cliquez ici.
> Plus de précision sur ce congrès international : cliquez ici.
10:10 Publié dans Think thanks | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : université, secte, religion, étudiant, campus, bordeaux, Singaravélou
15/12/2005
Renaud et les drogues
Il y a quelques jours, mon camarade Renaud Colson m'a envoyé son dernier livre. Je l'ai reçu avec beaucoup de plaisir et j'ai décidé d'en faire la pub sur ce blog.
Après avoir été un doctorant à la fois pugnace et désenchanté, représentant ses co-religionnaires au conseil scientifique de l'université de Nantes pendant plusieurs années; après avoir animé avec constance l'association DUNES, voila que Renaud Colson a passé la barrière et vient grossir les rangs des jeunes maitres de conférence de l'UFR de Droit de l'université de Nantes. Pour Noël, moment d'abondance et d'exagérations en tout genre, je vous conseille ardemment la lecture de "La prohibition des drogues - Regards croisés sur un interdit juridique".
Le Livre à peine publié c'est déjà l'acharnement médiatique ;-). Mon ami Renaud a ainsi droit à une belle page d'interview sur le web du NouvelObs, avec présentation des enjeux du colloque à l'origine du livre, présentation des auteurs et une belle série de liens sur le même thème. Pourvu que ça dure.
Pour découvrir la présentation de l'ouvrage et les auteurs : clique ici
Pour découvrir l'échange très intéressant que Renaud Colson et Serge Karsenty ont eu avec les lecteurs du Nouvel Obs : clique ici
Enfin pour acheter le livre : clique là.
Cela n'a rien à voir (quoique...merci Olivier.) mais je vous invite à lire cette étonnante tranche de vie footballistique : clique là.
10:25 Publié dans Think thanks | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
31/08/2005
UN peu de pub...
Je vais me permettre de faire un peu de pub. Le cahier de l'Institut Kervegan consacré aux "jeunes" vient de sortir. Je vous en avais déjà parlé sur ce blog [ICI] et j'avais publié ma modeste contribution. Dans ce cahier de 112 pages vous la retrouverez aux côtés de nombreuses autres contributions de jeunes (et moins jeunes) nantais. Politique, insertion professionnelles, engagement, conflit des générations, consommation, médias...de nombreux thèmes sont traités dans un désordre et une irrégularité de ton sympathique. Dès que j'aurai avancé dans la lecture des autres contributions il est possible que je revienne dessus. Un ouvrage non-convenu qui honore ce très sérieux think-thank nantais qu'est l'Institut Kervegan. Reste à observer l'influence de ce genre de publication....
# Pour acheter l'ouvrage en ligne : rendez-vous sur le site de l'Institut Kervegan
22:29 Publié dans Think thanks | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/06/2005
Kervégan et les jeunes.
Désolé, ça faisait longtemps que je n'avais pas posté sur le blog. La chaleur n'aide pas à être réactif, mais c'est la charge de travail qui est fatale. J'ai donc décidé de tricher un peu et de mettre en ligne un texte écrit pour une autre occasion.
L'Institut Kervégan, sorte de club de réflexion, de think tanks Nantais [VOIR LE SITE] publie prochainement un cahier consacré aux "jeunes". J'ai pris ma plume pour un texte libre. Exercice sympathique et décontractant.
Le temps des révisions et des devoirs de vacances.
« Les jeunes et leur participation à la vie de leurs communautés.»
Contribution au cahier « les jeunes » de l’institut Kervégan.
La vie a singulièrement resserré devant vous, jeunes gens, l’espace du rêve ; la lutte pour l’existence est devenue tous les jours plus rude ; toutes les voies sont encombrées et piétinées et vous le savez, et de bonne heure vous faites effort.
Jaurès, discours à la jeunesse, Toulouse, 1892
La jeunesse n’existe pas.
A 25 ans je suis encore forcement le jeune de quelqu’un. C’est plutôt rassurant.
En revanche, pur produit de la société dans laquelle elle évolue, la jeunesse, comme ensemble homogène figé dans le temps, n’existe pas. Le mot fleure bon la nostalgie et l’évocation d’un temps révolu. Les jeunes existent. Les classes sociales et les générations aussi. Elles sont même aisément caractérisables. « Albert Thibaudet explique dans son Histoire de la littérature française de 1936 qu’une génération est une classe d’age qui a vécu à 20 ans un événement historique dont elle ne se remettra pas et qui la marquera à jamais. » (Frédéric Beigbeder, Windows on the world, 2003)
Nous développons tous une approche générationnelle des problèmes politiques. Pour Albert Thibaudet justement, ce fut l’affaire Dreyfus. Pour les générations de nos grands-parents et de nos parents, il y eu respectivement les deux guerres mondiales, la guerre d’Algérie, Mai 68. Plus nous nous approchons de notre période contemporaine moins l’acceptation de tel événement comme moment fondateur d’une génération est évidente et partagée. On peut cependant parler de la chute du mur de Berlin, des attentats du 11 septembre 2001… Cette construction intellectuelle souvent inconsciente correspond au ressenti et à l’expression d’une réalité. Elle est donc hautement respectable (« de mon temps… »). Elle présente également des risques. S’enfermer dans cette approche générationnelle, s’y reconnaître à l’excès et y trouver un facteur identitaire c’est ouvrir la porte au jeunisme, à l’arrivisme, à l’aigreur.
La cohabitation au sein d’une même société de plusieurs générations met à bas le concept de jeunesse et rend caduque une approche politique spécifique des « problèmes » de la jeunesse. En effet, vouloir traiter politiquement le problème de telle ou telle classe d’âge c’est au préalable répondre à deux questions : celle de la classe sociale (qui introduit des sous-groupes au sein des classes d’age et inversement) et celle de la génération. La jeunesse n’existe donc pas au sens ou elle ne peut pas être questionnée par des critères spécifiques. Dès lors on peut s’interroger sur la pertinence et l’impact des politiques publiques destinées « à la jeunesse ».
Affaires publiques : casser les ghettos.
Ces politiques publiques semblent pourtant nombreuses. Sur le site Internet du Ministère de la Jeunesse des sport et de la vie associative , impossible de trouver une définition de la « jeunesse ».
Plus intéressant, on découvre sur le site du Conseil National de la jeunesse , qui regroupe les conseils de jeunes installés par et dans les collectivités locales, une définition qui peut nous éclairer : ils sont les « lieux institutionnels d’écoute et d’expression des jeunes de 16 à 26 ans.»
Nous avons tous, ces dernières années, constaté l’explosion du nombre des Conseils de la jeunesse installés dans les collectivités. Il y a presque autant de définitions de ce que doivent être ces conseils que de conseils de la jeunesse eux-mêmes. Mais cette croissance pose quelques questions. Elle est souvent l’expression d’une formule « pour les jeunes par les jeunes ». Elle est souvent l’expression de la volonté de l’institution. Pour les jeunes ces conseils sont un piège à tiroirs. Ouvrons-les.
Le premier tiroir c’est celui du champ de compétences. Sous prétexte d’offrir aux « jeunes » la possibilité de s’auto-administrer on restreint en fait bien souvent leur champ de compétence aux questions « jeunes » (sport, association, sécurité routière, solidarité internationale…). De fait, on leur interdit l’expression d’un point de vue sur l’ensemble des questions de société.
Le second tiroir c’est celui de la tranche d’âge concernée par ces conseils. En faisant courir « l’age autorisé » jusqu’à 26 ans, il se créé finalement une sorte d’age légal intermédiaire entre 18 et 26 ans où l’on a le droit de vote (expression principale de la citoyenneté) mais en réalité on se trouve toujours dans l’antichambre de la politique.
Les conseils de la jeunesse sont sans aucun doute des lieux de concertation, de dialogue et d’écoute mais cela reste des outils pratiques pour tenir les jeunes éloignés des lieux de pouvoir, de décisions et des enjeux de société. Dans cette optique, caractériser la « jeunesse » c’est permettre son éloignement, c’est la tenir volontairement à distance du monde des « adultes », des décideurs.
Pourquoi ne pas confier également aux jeunes la tache d’élaborer collectivement un projet de société ? Pourquoi préférer le développement et la mise en place de « conseils de la jeunesse » en lieu et place du soutien à apporter à leurs organisations, qu’elles soient politiques, syndicales ou associatives ? Ces organisations, qui structurent le milieu permettent la participation des jeunes aux débats de société et donc leur connexion directe avec les autres classes d’âges.
On évoque souvent le soi-disant désintérêt des jeunes pour la chose publique. Mais ce désintérêt n’est pas du à leur age ou à leur année de naissance. Elle est comme beaucoup de citoyens le fruit de l’atténuation des clivages droite-gauche, de la politique spectacle, sans résultat concret sur le réel et le résultat des promesses non tenues, avec peut-être, en facteur aggravant, la déception amplifiée par l’espoir de l’inexpérience.
Bien pire : on en vient souvent à inverser la charge de la preuve en mettant sur le dos du désintérêt des jeunes les échecs ou renoncement de nos politiques. Cela aide certains à évacuer des questions et des remises en cause dérangeantes. On en vient à opposer des systèmes complémentaires. Ainsi, on entend de plus en plus que les jeunes préféreraient la démocratie participative à la démocratie représentative. Présenté comme un fait générationnel et donc comme une sorte d’appréciation spontanée, cela évite aux responsables politique de se poser la véritable question suscitée par ce phénomène : l’émergence forte de la démocratie participative est-elle la traduction de l’échec du système parlementaire ou bien la faillite de ses acteurs ?
En interprétant à la place des jeunes, en pensant à leur place, c’est sans doute la question du renouvellement des générations en politique que l’on tente de repousser.
Du consumérisme dans mon engagement Canada dry.
On nous explique que les formes d’engagement des jeunes évoluent. Certaines formes d’engagement ne seraient plus plébiscitées. Les jeunes choisiraient de se tourner vers des activités plus pragmatiques (humanitaires, aides directes…). Leurs temps d’engagements seraient plus courts. Au lieu d’interroger le pourquoi de l’évolution de ces pratiques certaines associations se contentent de s’adapter. Elles proposent des activités à la semaine, voire à la journée.
Tandis que le moule consumériste imprime sa marque au modèle associatif, la part du rêve, de l’idéal fond comme neige au soleil. Très peu de structures décident de lutter contre cette loi inexorable de l’offre et de la demande. Dès lors, les activités, les engagements proposés deviennent le simple reflet des maux de la société c’est-à-dire des activités consuméristes alors que plus que jamais les jeunes recherchent du sens et des réponses à leurs questions.
Si les partis, les syndicats et les associations ne font plus le plein de jeunes, peu semblent avoir compris que l’accompagnement de la fuite en avant n’était pas la solution.
Je crois que le désengagement des jeunes comme des autres n’est pas du à une quelconque forme de désintérêt mais plutôt à un haut niveau d’exigence. Si des activités à la petite semaine peuvent ponctuellement satisfaire notre appétit de loisirs, de divertissement ou distraire notre culpabilité, on attend des partis, des syndicats et des associations un volontarisme et une probité capable de faire écho à nos rêves et nos espoirs. Cette espérance ne doit pas être déçue.
16:23 Publié dans Think thanks | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note















