04/12/2007

Mouvement anti-LRU : une mobilisation en plein atterissage.

LRU manif girl

La carte du mouvement étudiant contre la LRU ne sera plus mise à jour. Le temps et l'énergie me manque  et il semble que la mobilisation étudiante soit entrée dans une phase descendante. Vous avez été très nombreux (+ de 60.000 consultations depuis le 06 novembre soit + de 2300 connections/jour) à vous y connecter et à en parler sur vos différents supports, soyez-en remerciés.
 
Le mouvement n'est pas encore (totalement) fini, mais ça commence à sentir la fin quand même. Alors qu'à certains endroit on commence à solder les comptes (chiffrage des dégats en région parisienne : plusieurs dizaines de milliers d'euros ?), quelques manifestations ont encore eu lieu aujourd'hui à l'appel de la coordination nationale qui s'est tenue à Nantes ce week-end.
 
  • entre 600 et 1500 à Lyon
  • entre 500 et 1000 à Nantes
  • plusieurs centaines à Rennes
  • un peu moins d'un milliers à Angers
  • un peu moins d'un milliers à Caen (17h: avec un face à face avec les gendarmes mobiles)
  • entre 600 et 1000 à Paris
 
Une coordination qui s'est tenue à quelques kilomètres de chez moi (sur un campus que j'ai bien connu) et à laquelle je n'ai pas été faire un tour. Un manque de motivation emblématique !  La coordination se plaint de n'avoir pas un écho médiatique suffisant. ("La difficulté, c'est notre absence des médias") Comment pourrait-il en être autrement après avoir parqué les journalistes dans des salles pendant tout un week-end, après les avoir soigneusement tenu éloignés des débats de leurs assemblées ?
 
Mais le mouvement aura encore des répercussions. Sa durée impactera forcément le déroulement normal de l'année universitaire dans de nombreux établissements voire le déroulement des examens. Peut-être avec son lot de recours et de situations administratives complexes, mais beaucoup plus surement son lot d'angoisses chez les étudiants. La détermination des étudiants mobilisés aura réussi à réveiller certains enseignants chercheurs qui, avec un certains temps de retard, cherchent à leur tour à mobiliser contre la LRU. A suivre donc encore dans les prochains jours.    
 
> Vous pouvez retrouver toutes les notes de ce blog consacré au mouvement anti-LRU.
> N'oubliez pas que vous pouvez retrouver l'analyse de la loi LRU en fiche et la télécharger. 
(crédit photo  philippe leroyer sur Flickr)

21/11/2007

Ségolène Royal et la réforme des universités : le cafouillage.

pécresse valérie, paris match article interview université greve
Petit cafouillage médiatique ce matin pour Ségolène Royal et la réforme des universités. Alors que le gouvernement doit faire face à une mobilisation contre la réforme LRU dans les universités, peu de responsables socialistes se sont clairement exprimés au sujet de la réforme. Il y a bien eu un communiqué de presse le 13 novembre dernier qui insistait sur les aspects budgétaires de la réforme sans dire clairement si le PS prône l'aborgation ou le maintien de la LOI LRU.
 
Le 18 novembre dernier, nous avons le droit à une petite précision de François Hollande dans une interview :  
"(...)rappelant que le PS était favorable au "principe" de l'autonomie des universités.

Interrogé sur la prise de position de Julien Dray, qui a appelé Mme Pécresse à "suspendre l'application de la loi", M. Hollande s'est déclaré "d'accord" avec lui, dans la mesure ou, faute de moyens, "la loi ne pourra pas s'appliquer".

 
Ce matin c'est 20 Minutes qui titrait "Royal soutient la réforme des facs", un titre et un article qui n'a pas eu le don de plaire à la principale intéressée. Plus gênant sans doute, une déclaration (tronquée?) à I-Télé qui était sans ambiguité : la réforme est bonne, le gouvernement doit mettre les moyens nécessaires pour ne pas la gacher.  Via un message adressé aux abonnés au site Désir d'avenir, elle corrigeait le tir en fin de matinée. Je ne reviendrais pas sur le terme impropre "réforme des facs" du titre de 20 minutes, puisque que nous le savons il ne s'agit pas de la réforme des "facultés" (terme impropre depuis 1984) mais bel et bien  des "universités". En revanche, je note que les propos de Ségolène Royal et François Hollande vont dans le même sens : nécessité de mettre plus de moyens dans la balance, et caractère incomplet de la loi. Toujours rien sur les aspects  "réforme de la gouvernance" des universités.
 
A force de rassembler des indices on va peut-être parvenir à voir se dessiner une position précise du PS sur cette question.... 
pécresse valérie, paris match article interview université greve

14/11/2007

Mouvement anti-LRU : 18 fiches pour comprendre la loi sur les universités

reforme loi projet université pécresse président autonomie
Le mensuel en ligne l'ORS (L'Officiel de la recherche et du supérieur, édité par L'AEF), a consacré son dossier du mois de juillet 2007 au projet de loi sur l'université. Mes collègues ont travaillé d'arrache-pied pour vous proposer un dossier à la fois complet et synthétique. Occupé par d'autres projets, je me suis contenté de les soutenir moralement. ;-)

Gouvernance, gestion des ressources humaines, composantes, nouvelles compétences, étudiants, calendrier et modalités de mise en œuvre... L'ORS propose 18 fiches téléchargeables qui détaillent les nouveautés contenues dans le projet de loi conçu par Valérie Pécresse tel qu'il a été présenté au Parlement. Ce document a été mis à jour en septembre 2007, après que le texte ait été amendé par les deux assemblées.

89221d48d216e6c478eac46794ea691a.jpgVu le nombre d'inepties, de raccourcis simplistes et mensongers qu'on entend de tous les côtés, je crois que la lecture de ce document ne peut pas faire de mal. Habituellement réservé à nos abonnés , de façon exceptionnelle ce dossier est mis gratuitement à la disposition de tous. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser vos impressions en rédigeant un commentaire.  

> Les 18 fiches proposées par l'ORS sont téléchargeables  en cliquant ici.
 
[maj] De nombreux blogueurs recommandent la lecture de ce hors-série. Qu'ils en soient ici publiquement remerciés : Versac, Affordance, les violettes de Mitterrand, chiwalogue

05/10/2007

Challenges : j'ai lu le dossier sur les universités

Valerie pécresse ministre

J'ai enfin eu le temps de lire le numéro de Challenges dont je vous parlais dans une note précédente. Il  y a quelques réflexions que je voulais partager avec  vous. Ceux qui me lisent régulièrement ne seront pas surpris mais l'emploi du mot "fac" ou "faculté" à tout bout de champ pour désigner les universités m'horripile. Je comprends le souci de mes collègues qui pour alléger leur style sont à la recherche de synonyme d'"université" mais j'aimerai leur faire comprendre que pour quelqu'un de rigoureux, fac ne peut pas en être un.
 
Une université comportera toujours des facs, une ou des BU,etc. Il serait absurde d'utiliser le terme B.U. comme synonyme d'université, convenons-en. Alors pourquoi employer le mot "fac" ? Passé cette mise en bouche, un passage de l'article de Patrick Fauconnier m'a agacé, moi qui d'habitude suis prompte à lui jeter des fleurs. Je cite :
"Avant la «réforme Pecresse», les présidents d'université n'étaient que des potiches, élus pour quatre ans non renouvelables, otages d'épuisantes rivalités internes de clans, sans pouvoir sur leur argent et leurs effectifs. Désormais, ils seront des managers, élus sur un projet, qui pourront rester en poste huit ans, avec des capacités de recrutement et de gestion de leur budget."
 
..euh oui... j'ai donc bossé 5 ans pour une "potiche". Je vous avoue que je m'attendais pas à une telle révélation. Il a fallu que je reprenne mon souffle (joke). Que veut souligner P. Fauconnier ? Que la nouvelle loi lève un certains nombre de pesanteurs administratives ? Peut-être, nous verrons bien. Mais est-ce pour autant que le bilan des pauvres diables qui ont été présidents d'université avant la loi est voué à la nullité et à l'oubli ? Je ne crois pas. De nombreuses universités n'ont pas attendu la nouvelle loi pour faire parler d'elles, monter des projets innovants, se développer, renforcer leur recherche...
 
Qui plus est, P. Fauconnier se trompe, le mandat des présidents d'université était auparavant de 5 ans et c'était d'ailleurs une partie du problème. Cette asynchonisation avec le mandat des représentants des conseils (4 ans pour les personnels et 2 ans pour les étudiants) aboutissait parfois à des situations ubuesques ou le président était pour une année, privé de majorité. Mais là encore des solutions existaient pour éviter ce genre de désagréments et de nombreuses universités conservaient des majorités stables.
 
Pour ma part, j'ai de forts doutes quant à la capacité de la "réforme Pécresse" à annihiler les "rivalités internes de clans". Il existe encore de nombreux terrains de jeu dans les instances de l'enseignement supérieur pour que ces dernières s'exacerbent et s'épanouissent. Je suis en revanche depuis longtemps favorable à la possibilité pour un président d'effectuer 2 mandats successifs. Je n'ai jamais compris l'utilité de cette disposition qui contribuait à fragiliser les projets et les équipes. Limiter le nombre de mandats dans le temps c'est une (bonne) chose mais générer de l'instabilité permanente en est une autre (mauvaise). 
(crédit photo Fr@nçois sur Flickr)

25/07/2007

Réforme des universités : les bons mots de nos députés

senat université assemblée parlement réforme loi
Hier, ce n'est pas moi qui était de permanence à l'AEF pour suivre le débat à l'assemblée nationale, mais j'ai pu attraper quelques phrases à la volée, soit sur le moment parce que le collègue désigné s'esclaffait et nous faisait partager le bon mot qui venait d'être échangé, soit après coup en relisant le compte-rendu analytique de la séance.  Réactions à chaud sur quelques phrases captées ça et là :

Lire la suite

23/07/2007

Réforme des universités : lundi c'est "deputy"

laurence fishburne higher learning columbus university
A partir d'aujourd'hui les députés se penchent sur le projet de loi sur l'autonomie des universités, un texte déjà voté le 13 juillet par les sénateurs. Le passage du texte au sénat avait été une nouvelle occasion pour Valérie Pécresse de défendre sa réforme et de prendre de l'envergure. En répondant aux multiples et parfois saugrenues questions des sénateurs elle a prouvé a maitrise du texte et des enjeux politiques. 

Le Sénat s'est inscrit dans la même logique que le président de la République en calmant le jeu sur les points de la réforme qui suscitaient de l'émotion chez les syndicats et dans certaines corporations.

> Sur l'ambiance, lire l'excellente attaque du papier de Libération du 12 juillet : cliquez ici

Quelques sénateurs avaient particulièrement soigné leur intervention. C'était le cas de David Assouline (PS). Ancien "leader" du mouvement étudiant de 1986, aurait-il pu imaginer alors que 20 ans plus tard on le retrouverait à la tribune du sénat, s'exprimant sur la réforme des universités ?

Petit Gap temporel en image. De l'intervention de David Assouline au Sénat : 

à son rôle dans la coordination étudiante en 1986 : cliquez ici, et face au ministre Devaquet chez Bernard Pivot: cliquez ici. D'autres articles sur le passage au Sénat :

> La tribune : "Le Sénat donne plus de pouvoirs aux présidents d'université".

> France2.fr : "Autonomie des universités : loi adoptée au Sénat"

Et n'oubliez pas le dossier spécial (et gratuit) de l'ORS pour tout comprendre de la réforme. Le dossier sera régulièrement remis à jour pour suivre les évolutions du texte de la réforme. (credit photo Feuillu sur Flickr)

02/07/2007

L'université en musique...nostalgie

nantes by fac concert université de NantesAvec la nouvelle loi sur les universités qui se dessine, c'est tout une période particulière de l'histoire de l'université française que nous sommes en train de laisser derrière nous. Fin d'une époque et donc un peu de nostalgie...je vous propose un peu de musique pour remuer de vieux souvenirs ;-). Eh oui, les universités ont été chantées,...des tubes. Je vous propose d'en découvrir une petite sélection. Branchez le son ! 

 
Ma préférée : Jacqueline Taïeb - la fac de lettres.
podcast
 
L'hymne des universités : Philippe Clay - Mes universités 
 
podcast
 

27/06/2007

Le projet de loi sur les universités et la communication

Kiosque à journaux

Journaux gratuits, journaux payants, TV, plateaux, talk-show, Radio, web, forum...partout il est question de l'université, des universités, des "facs", des étudiants, de la sélection. Ce tsunami médiatique est temporaire mais il est massif. La longue campagne électorale que nous avons vécu ces derniers mois l'avait laissé pressentir. Dès septembre 2006 je me demandais si l'université n'allait pas être au coeur de la campagne présidentielle. Elle n'a pas été "au coeur", mais elle a dignement occupé sa place et  voila que nous sommes au coeur du sujet.
 

A lire encore aujourd'hui dans la presse (si vous ne frôlez pas l'overdose) :

> Dans le Figaro : Les trésors cachés des universités et leur dossier : cliquez ici

> Dans le Monde : cliquez ici 

 ....

Les projecteurs se sont braqués sur les universités, leur fonctionnement, leurs manques et leur défauts à quelques jours des périodes d'inscriptions dans les établissements. Je ne veux pas croire que cela ne va pas avoir d'effets. Cette situation fait me poser beaucoup de questions :
  • les universités doivent-elles considérer qu'elles sont en période de communication de crise ?
  • alors que la vague médiatique démultiplie les occurences dans les moteurs de recherche, le référencement des universités ne risque-t-il pas d'en prendre un coup ?
  • à l'inverse, alors que mes collègues journalistes "généralistes" n'ont jamais autant prononcé le mot "université" en si peu de temps, les universités ne devraient-elles pas en profiter en communiquant ?
  • en ont-elles seulement les moyens  ? Peuvent-elles en avoir l'idée ?
J'attends vos commentaires sur la question. En attendant, les universités qui ont investi dans l'achat de mots-clefs se frottent les mains. Vu le nombre d'occurences et la surface occupée par le thème universitaire sur les pages internet des journaux, des blogs...c'est un investissement qui à défaut peut-être d'être efficace, est sans doute pertinent. Exemple ci-dessous avec des mots-clefs générés sous une tribune parue sur Lemonde.fr : "De la sélection à l'université". On y voit apparaitre l'université de Strasbourg.

Kiosque à journaux

21/06/2007

Le président Sarkozy nous parle des universités

Je n'ose imaginer que certains d'entre vous aient pu manquer l'intervention présidentielle d'hier (interview diffusée sur TF1). A tout hasard je me permets de vous mettre un extrait de son intervention, extrait consacré à la réforme des universités.

15/06/2007

Réforme université - Dans nos journaux cette semaine

Kiosque à journaux

Pas de doute, la réforme des universités déchaine les passions. Pour s'en convaincre il suffit de lister les tribunes et prises de positions qui parsèment nos journaux en ce moment.

# Lundi

"L'université est une cause d'intérêt national", par Francine Demichel, professeure agrégée de droit public et ancienne directrice de la DES. > cliquez ici (payant)

# Mardi

"L'autonomie, cheval de Troie de la concurrence et du libéralisme", une tribune du Snesup, dans "L'Humanité" > cliquez ici

# Mercredi

"Doper le féodalisme", un rebond de  Esther Benbassa, Directrice d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. > cliquez ici

# Jeudi

"La réforme des universités ne doit pas attendre", par Philippe d'Arvisenet, directeur des études économiques de BNP Paribas et professeur associé à l'université de Paris II, dans "La Tribune" > cliquez ici (payant)

"Le retour des privilèges universitaires", par Philippe Askenazy, professeur associé à l'École d'économie de Paris, dans "Les Échos" > cliquez ici

Dans "Le Monde" (pp. 24-26) c'est un festival ! Le quotidien du soir propose trois pages de débats sur la réforme universitaire, en donnant la parole à tous "les acteurs clés" du champ de l'enseignement supérieur. En vrac :

Claude Allègre,ancien ministre | Simone Bonnafous, présidente de l'université Paris-XII-Val-de-Marne | Jean-Pierre Boisivon, Jean-Richard Cytermann, Jacky Richard, Georges Septours, pour le club "Par l'école" rassemblant d'anciens directeurs du ministère de l'éducation nationale | Antoine Compagnon, Pierre Schapira, Pierre Merlin, respectivement professeur au Collège de France, professeur de mathématiques Paris-VI, vice-président, professeur d'urbanisme à Paris-I, président d'honneur | Jacques-Henri Eyraud, chef d'entreprise et maître de conférences à l'IEP de Paris | Eric Froment président fondateur de l'Association européenne de l'Université (EUA) | Bruno Julliard président de l'UNEF | Jean-Yves Mérindol président honoraire de l'université Louis-Pasteur à Strasbourg

# Vendredi 

Dans un entretien au "Figaro" (p. 5), François Fillon revient sur la réforme des universités. > cliquez ici

(crédit photo : Palagret sur flickr)

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