23/04/2008
Sécurité sur les campus : des SMS pour avertir les étudiants
L'université Concordia à Montréal vient d'investir près de 50.000 $ dans un système d'alerte par SMS de ses étudiants en cas de crise. le système est complexe et efficace. Il permet apparemment l'envoi d'un message ciblé en fonction de l'emploi du temps et du lieu où se trouve les étudiants. Le dispositif est complèté par un sytème de diffusion d'annonces sonores et visuelles, histoire que les étudiants ne possèdant pas de téléphone portable puissent quand même être avertis si un tueur psychopathe se ballade dans les couloirs du campus.
> Lire l'article : "Un message texte pour sauver des vies".
Lors de la dernière fusillage dans une université de l'Illinois, les étudiants avaient également été avertis par messages téléphoniques et par mails. Sur la majeure partie des campus français, à part les sirènes incendies, je crains qu'il n'existe pas de sytème très poussé d'information et d'alerte des étudiants. A ma connaissance, seul Audencia a choisi depuis 2003 de communiquer par SMS avec ses étudiants. Leur constat : "le taux d’équipement de [nos] étudiants en téléphone mobile était quasiment de 100% (...) Et contrairement aux mails, nous touchons les étudiants où qu’ils soient."
A l'instar de l'université Concordia qui prévoit de se servir des SMS pour les communications urgentes ou à caractère stratégique (annulation de cours, horaires de transports en communs...), Audencia s'en servait pour rappeler les échéances importantes ( dates limites de dépots de dossiers...).
Au-delà du coût d'une solution professionnelle intégrée et couplée aux bases de données de l'université, rappelons qu'il est aujourd'hui possible gràce à plusieurs services de micro-blogging (twitter notamment...) de diffuser gratuitement par mail/messagerie /SMS des messages de 140 caractères à des centaines de "followers", c'est-à-dire de personnes inscrites au service et qui ont souscrit à votre flux. J'en parlais déjà il y a un an.
Imaginons :
- l'université se créé un compte, chez twitter par exemple. cela prend 30 secondes et c'est gratuit.
- une personne du service communication est chargée de recueillir auprès du service des relations internationales, de la division des études...les dates et échéances importantes au cours de l'année.
- l'université communique sur son compte twitter auprès des étudiants et les invite à y souscrire.
- les étudiants peuvent choisir le mode de réception des messages: SMS ou internet
- il ne vous reste plus qu'à envoyer des messages régulièrement. Exemple : "Rappel : date limite de dépôt des dossiers Erasmus : 20 février 2008, présidence de l'université, bureau 253."
Ce genre de solution ne permet pas encore un ciblage aussi précis que les solutions professionnelles de serveurs de SMS mais c'est un premier pas en matière de communication "mobile". Qui plus est , les étudiants choisissent volontairement de recevoir les messages, on peut donc être sur que le message passe et soit entendu. Alors ? Quelle université française se lancera la première ?
PS: je viens de me rendre compte que d'autres y ont également pensé. Brian Swartzfager qui travaille à l'université du Maryland (USA) écrivait il ya un an dans une note : "Twitter as Alert System?"
08:44 Publié dans sécurité campus | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, campus, université, concordia, mobile, téléphone, twitter
21/02/2008
Northern illinois university : l'hommage aux victimes
Après le drame de la semaine dernière à la Northern Illinois University et alors que l'université s'apprète à observer 5 minutes de silence aujourd'hui jeudi, une semaine après la tuerie, les hommages se succèdent. Le site internet de l'université liste l'ensemble des condoléances adressées par les collectivités, les autres universités (près de 150 dont Virginia Tech, qui arbore en une de son site internet le ruban de deuil consacré à La Northern Illinois university)....
Parmi les condoléances de personnages publics, celles du Président G. Bush (vendredi) : « Ce matin, j’ai parlé au recteur de l’université de Northern Illinois. Je lui ai dit que que beaucoup d’américains prient pour les familles des victimes et les gens de l’université. Je demande à tous nos concitoyens d’offrir leurs bénédictions, et des paroles de réconfort aux personnes affectées». Celles, d'Obama candidat aux primaires démocrates mais également sénateur de l'Illinois: "Il faut tout faire pour stopper cette violence dans nos rues et nos écoles". Tout faire sans doute mais aucune allusion dans son discours à une quelconque loi sur le controle des armes à feu.
L'université continue son travail de communication de crise, en essayant d'accompagner le travail de deuil des étudiants et le traumatisme de la communauté. Témoin de cette volonté, de grands panneaux d'expression libre ont été disposés sur le campus. Une veillée funèbre a également été organisée sur le campus (voir ci-dessous les photos de planetblacksburg). Des hommages et des manifestations de recuillements ont eu lieu jusque sur Second Life.
>> Beaucoup de reportages photos en ligne :
- NIU : The Day After the Tragedy par Genevieve Elise
- NIU Shooting par curtaineater
- NIU Shooting Memorial par magrcon
- Candle Light Vigil for NIU par planetblacksburg
- NIU par veganpeaches
08:00 Publié dans sécurité campus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : NIU, norther illinois university, université, tuerie, drame, étudiant, meurtre
15/02/2008
[MAJ] Nouvelle tuerie dans une université américaine

Un fait divers qui ressemble malheureusement à des faits récents. Un ancien étudiant d'une université de l'Illinois (Northern Illinois University) a ouvert le feu, jeudi 14 février, sur des étudiants qui assistaient à un cours dans un auditorium. Il a tué cinq étudiants et en a blessé seize avant de se suicider.
La communication de crise de l'université semble avoir fonctionné correctement. Alors que la fusillade semble avoir duré très peu de temps, la réactivité de l'université a été bonne même si elle n'a servi à rien.
La police a été informée à 15h07 de la fusillade, et à 15h20, l'université a déclaré l'état d'alerte, envoyant des messages téléphoniques et électroniques à tous les étudiants pour les appeler à rester à l'abri. On sait que c'est ce qui avait fait défaut lors du drame de Virginia Tech, et créé une véritable polémique.
Depuis ce matin le site internet de la Northern Illinois university est dédiée à cette tragédie. Les étudiants, la communauté universitaire, les parents peuvent y trouver des informations heure par heure ainsi que tous les numéros de téléphones utiles, l'annonce de cérémonies de prières...
La Northern Illinois university, fondée en 1895, compte plus de 25.000 étudiants, dont près de 900 étrangers, et environ 1.280 professeurs. Ironie du sort, ce sont les chercheyrs de cette même université qui, en 2005, produisaient un sondage montrant qu'une majorité des habitants de l'état d'Illinois étaient favorables à l'interdiction des armes à feu.
> Lire ma série de notes consacrées aux problèmes de sécurité sur les campus.
> Lire la dépêche de l'AFP : "Nouveau carnage sur un campus américain: six morts dont le tireur"
[ MAJ 19h30] : On connait maintenant l'identité des victimes et du tueur. Le tireur, Steven Kazmierczak, 27 ans, était un ancien élève brillant de cette université. Il avait obtenu avec les félicitations un diplôme en sociologie de la Northern Illinois University en 2006, avant de poursuivre ses études dans l'Université voisine de l'Illinois, sur le campus d'Urbana-Champaign, dont il est diplômé en Affaires sociales, selon les forces de l'ordre. Aucune raison n'explique son geste pour le moment. On a appris qu'il suivait un traitement médical ces dernières semaines.
12:30 Publié dans sécurité campus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : northern, illinois, shooting, university, université, fusillade, étudiant
19/12/2007
Québec : l'université Laval et la police
Voila une info parvenue d'outre-atlantique que je trouve intéressante à mettre en perspective avec les évènements survenus ces derniers jours dans de nombreuses universités françaises. Alors que CRS et gardes mobiles ont beaucoup fréquenté les campus français ces derniers temps (et pas toujours dans la bonne humeur), à Québec, au Canada, l'université Laval vient de réaliser un exercice grandeur nature d'une vaste opération de police.
Le but de l'opération : tester la bonne coopération entre le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et le Service de sécurité et de prévention de l’Université Laval en cas de situation de crise sur le campus.
Le scénario (cela va rappeler des souvenirs récents à certains) : un groupe d'étudiants se barricade dans un batiment, "refusant d’en sortir tant et aussi longtemps que l’ouverture d’un zoo sur le campus ne leur était pas accordée" (sic). Un des leurs s'éloigne pendant les opérations. Il est armé et a évoqué la possibilité de "prendre en otage le doyen des sciences de l’administration."
Plusieurs aspects de la simulation me semblent très positifs : l'opération a eu lieu un dimanche pour ne pas perturber la vie du campus. Les étudiants qui jouaient le rôle des manifestants sont des étudiants formés aux tâches de sécurité pour les activités étudiantes qui ont lieu sur les campus. Enfin l'exercice a eu lieu dans les "conditions du direct", puisque les équipes ont découvert le scénario au fur et à mesure et la gestion des médias a été la même qu'en situation réelle.
On peut facilement jouer au jeu des 7 différences avec une université française type.
1ère différence : des exercices très concrets et grandeur nature qui font collaborer services de l'université de la ville et forces de sécurité ? Chez nous autres français, à part quelques exercices d'alertes incendie je n'ai pas souvenir de simulation de ce genre.
2ème différence : l'université Laval n'hésite pas à communiquer largement sur l'exercice. Transparence et communication : le message est simple. "Nous prenons notre travail au sérieux".
3ème différence : on forme les forces de sécurité à intervenir spécifiquement en milieu universitaire. Là encore, j'ai plutôt le sentiment en France, au vu des évènements des dernières semaines que la formation a lieu "sur le tas".
.... La liste pourrait être longue. Je trouvais cet exemple très intéressant. Nul doute que nos cousins québécois ont un train d'avance en la matière. C'est une conception intéressante de ce que doivent être des campus universitaires aujourd'hui : ouverts sur le monde mais conscients des risques et préparés sérieusement à y faire face en cas de besoin. Si vous avez eu vents d'expériences similaires, n'hésitez pas à laisser des commentaires.
> En savoir plus sur l'opération : "Université Laval : Simulation de crise"
> Pleins de photos de l'exercice de simulation.
> En savoir plus dans le dernier numéro de L'ORS : "Québec : la casse-tête de la sécurité sur les campus" (sur abonnement)
08:30 Publié dans sécurité campus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : université, laval, sécurité, police, campus
12/10/2007
Universités Nord-américaines : psychose sur les campus
Le 16 juillet dernier, John Fallon, président de l'Eastern Michigan University (EMU), a été congédié par son conseil d’administration. Il lui est reproché d’avoir cherché à dissimuler le viol et le meurtre de Laura Dickinson, une étudiante de 22 ans, survenu le 15 décembre 2006 dans une des résidences du campus. Pendant plusieurs semaines, et alors que l’enquête s’orientait clairement vers l’homicide, les responsables de l’EMU ont continué à soutenir que Laura Dickinson était décédée de « mort naturelle ».
Or aux États-Unis, une loi oblige les universités à la transparence en matière de sécurité sur les campus. Il s’agit du Clery Act, du nom de Jeanne Clery une étudiante américaine assassinée en 1986. Une enquête menée par le ministère de l’Education américain a révélé fin juin, dans un rapport de 18 pages, que l'Eastern Michigan University a enfreint à sept reprises le Clery Act. Notamment en ne prévenant pas la communauté universitaire après ce crime et en ne publiant pas les statistiques des crimes commis sur le campus depuis 2003.
Alors que la presse locale accuse la direction de l’université d’avoir été « plus préoccupée par l'image de l'école que par la protection des étudiants », l’EMU a annoncé le 17 juillet qu’elle engagerait une série d’efforts pour « devenir un leader national en matière de tranquillité et de sécurité des campus ».
08:40 Publié dans sécurité campus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : campus, université, sécurité, agression, viol, fusillade
19/04/2007
La tuerie de Virginia tech et la sécurité sur les campus
Ma journée d'hier a été ponctuée par les flash d'informations qui ouvraient tous systématiquement sur le massacre commis dans une université américaine. J'ai voulu laisser passer une journée avant d'en parler sur le blog. Je ne vais pas revenir en détail sur les faits, la couverture presse est à la hauteur du degré d'horreur d'un tel évènement. (le dossier du Monde est très bien fait. Sur internet la couverture est également phénoménale.
Le monde virtuel Second Life compte déjà un mémorial pour les victimes, sur Youtube vous pourrez trouver plusieurs vidéos reprenant soit les flash des chaines d'informations us soit les vidéos "hommage" faites par des étudiants. L'encyclopédie collaborative Wikipedia consacre déjà une page (en) très complète sur cette tragédie. Depuis hier et toujours aujourd'hui sur le célèbre moteur de recherche de blog technorati "virginia tech" est resté n° 1 des recherches effectuées. Internet a joué un rôle-clef dans la diffusion de cette information.
L'université de Virginia tech semble avoir maitrisé sa communication de crise en s'appuyant énormément sur internet. Les étudiants ont été prévenu par email, le site de l'université s'est immédiatement transformé en outil de communication de crise, actualisé tout au long de la journée, avec fil d'infos et déclarations vidéos du président. Le journal étudiant de l'université couvre également l'évènement ici.

La question qui est parfois revenue dans la bouche des commentateurs français c'est : un tel massacre pourrait-il avoir lieu chez nous ? Au-delà de la question de la vente très contrôlée d'armes à feu dans notre pays, aucune université française ou même européenne n'a jamais été au coeur d'une telle tragédie. Pourtant, mise à part quelques universités parisiennes et urbaines qui disposent d'agents de sécurité, cette question est réellement le parent pauvre de la gestion et de l'investissement universitaire. Les campus français ont en outre la particularité pour beaucoup d'entre eux d'être bien insérés dans le tissu urbain voir même situées en plein coeur des villes. Ouvertes au monde et sur la société, nos universités sont donc perméables aux problèmes et tensions qu'on y rencontre. Par exemple, des agressions ont déjà eu lieu sur les campus de l'université de Nantes : exhibitionnisme, menace à l'arme blanche et agressions physiques. Ce sont des évènements extrêmement rares (en 5 ans nous avons connu 3 ou 4 problèmes de cet ordre), mais comme à n'importe quel endroit ils peuvent survenir. Lors du mandat du Président Resche nous avions travaillé sur les aspects "sécurité" des campus : audit, travail sur l'éclairage, installation de vidéo-surveillance dans les endroits sensibles, contrat avec des sociétés de gardiennage, travail en commun avec la sécurité publique...
A bien regarder l'exemple de Virginia Tech et la polémique qui enfle sur la réaction qu'aurait du ou pu avoir la direction de l'université je crois pouvoir dire que la plus grosse lacune en France porte sur la formation et la préparation du personnels universitaires (à tous les échelons hiérarchiques) face à ce genre de situations. Communication de crise, procédures à suivre, personnes à contacter...beaucoup de points névralgiques qui, dans de grosses structures comme les universités nécessitent une longue préparation. L'exemple de l'université D'ottawa qui a été frappée d'une même tragédie il y a quelques mois est intéressant : cliquez ici. Le recteur de cette université a d'ailleurs adressé un message à toute la communauté universitaire : cliquez ici.
> un article intéressant sur l'image des universités américaines et la bataille marketing de Virginia Tech : cliquez ici
> Plusieurs étudiants ont mis des photos en ligne : kevincupp, alka3en, coda67, leiderman, icki, Charlotte Geary Photography,
> Pour en savoir un peu plus sur Virginia Tech : cliquez ici
15:45 Publié dans enjeux universitaires, sécurité campus | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : virginia tech, cho seung-hui, université, sécurité, massacre, étudiant




















