« En bref dans les universités et l'enseignement supérieur | Page d'accueil | En bref dans les universités et l'enseignement supérieur »
04/02/2008
la frime de l'école des Mines de Nantes

Encore une innovation sympathique de l'école des Mines de Nantes mais un peu trop sympathique et "geek friendly" pour être honnête : après les sudokus comme aide à la compréhension de la programmation sous contrainte voilà que l'EMN à décider de confier à neuf élèves de l'option GSI (Génie des Systèmes Informatiques) des cours d'informatique sous forme de Podcasts. Grand prince, l'EMN a fourni à ses 9 étudiants des iPod Touch, le fleuron de la gamme des balladeurs Apple ( 259 euros pièce).
Pour l'Ecole des Mines de Nantes, il s'agit de remplacer intégralement un cours par le biais de ces cours et supports de cours enregistrés sur l'Ipod Touch. Une scénarisation du cours, qui n'est donc pas livré "brut de décoffrage" aux étudiants et un suivi pédagogique est assuré par les enseignants. Une dépêche Reuters (salut Guillaume ;-) indique que "l'expérience sera probablement reconduite l'an prochain et élargie à d'autres disciplines (langues, physique nucléaire, robotique)."
Si aux Etats-Unis plusieurs universités ont déjà engagées des opérations similaires, en France c'est à priori une première.
> plus d'infos sur le site de l'école des Mines.
> lire l'article de Ouest-France.
08:20
Publié dans le geek universitaire
|
Lien permanent
|
|
|
Commentaires
L' arrivée de cet outil pédagogique me paraît importante, intéressante et mérite d'être discutée.
1) côté pédagogique, elle va dans le sens de l'histoire : l' "asynchronie" entre producteur et consommateur des contenus (comme les podcast vous libèrent des contraintes de la grille télé/radio). Mais je connais un outil pédagogique asynchrone accessible aussi en bus, en surveillant la cuisson des nouilles etc... : le livre, dont on est, je crois, en train de redécouvrir les qualités, en s'en émerveillant, via un ipod. Hier soir je regardais un cours d'informatique de UCLA, en podcast video sur internet. Pas dans le bus, mais sur mon ordinateur portable, au calme, et c'était assez efficace.
2) une école qui aurait prêté des bons livres à ses étudiants n'aurait certainement pas eu le droit à une dépêche d'agence apparaîssant en une du monde.fr. La "visibilité" (nouvel emphénisme de l'autopromotion) est devenu un objectif-clé de nos établissements d'enseignement supérieur et une activité à laquelle nous passons une proportion croissante de notre temps. Ce que nous faisons, c'est une chose, mais ce que les autres pensent de ce que nous faisons, voilà toute l'affaire...
3) Bien sûr , "ce changement n'a pas vocation à remplacer les enseignements et les enseignants".
Simple hypothèse de grande école : la structure des emplois du temps étudiants et enseignants, et la nature de la charge d'enseignement de ces derniers, pourrait être fortement modifiées. Chacun des 10 pôles d'enseignement et de recherche souhaités par Attali (le PRES PdL figurera t-il dedans ?) ferait son lot de cours et les diffusera dans sa zone de couverture PRES (rien de tel qu'un cours en ligne pour qu'il soit évalué électroniquement, parfait pour les tableaux de bord universitaires). L'argument avancé sera qu'au delà de la liberté horaire et la possibilité de voir et revoir, chaque étudiant disposera ainsi du cours de référence, fait par "le" spécialiste du domaine dans le PRES.
Certains pourraient voir là une source importante d'économies, ou de possibilité de dégager du temps pour le suivi des étudiants, faire tourner la structure universitaire, ou pour la recherche (ou pour créer les cours en question ?). Dans ce virage, il y a un carrefour, avec des directions dont les implications vont bien au-delà de pouvoir lire son cours dans le bus. Le jour (après-demain ?) où la charge des fameuses 192h annuelles va réellement sauter et que cette charge sera âprement négociée individuellement, avec la diversité de ses formes, ces cours en podcast en seront peut-être un point clé...
Marc
Ecrit par : marc | 04/02/2008
...et un établissement d'enseignement supérieur qui aurait prêté de bons livres à ses étudiants n'auraient certainement pas eu droit à une note sur ce blog. :-) . Merci Marc pour cette longue contribution.
Il y a cependant certains points que ni l'EMN ni votre contribution ne soulèvent. Ce qui est valable à l'échelle de l'expérimentation sur la base du volontariat dans un seul établissement n'est jamais reproductible à l'identique.
> Du côté enseignant : adapter ses supports de cours aux vertus numériques ce n'est pas donné à tout le monde, cela nécessite un équipement adéquat (hardware, logiciel..) et sans doute également une formation.
> Du côté étudiant : passer de l'enseignement "live" à l'enseignement "numérique" revient finalement au même que passer de l'enseignement secondaire à l'enseignement supérieur : c'est l'apprentissage de l'autonomie. Cela ne va pas toujours de soi et là encore l'accompagnement est fondamental.
> Du côté des établissements : contrairement à ce que l'on pourrait penser, la "dématérialisation d'une partie des enseignements" est une charge importante. Parce que les établissements se doivent d'offrir à chacun de leurs étudiants des conditions identiques d'études et de réussite, mener ce genre de projet à l'échelle d'une université comme celle de Nantes par exemple représente des sommes astronomiques dont les universités ne bénéficient pas (encore).
Je crois donc que sur la base de cette expérience, l'EMN aurait pu nous fournir quelques projections : quel budget, quelle charge horaire et quels délais pour que l'ensemble des étudiants de l'EMN puissent bénéficier de ce type d'enseignement ?
On serait entré dans le vif du sujet.
Ecrit par : Manuel | 04/02/2008
hello Manuel
merci pour le clin d'oeil... il y a aussi eu un papier dans 20Minutes - comme c'est étrange :) (http://www.20minutes.fr/article/210088/Nantes-Aux-Mines-l-iPod-joue-au-prof.php)
Ecrit par : Guillaume | 06/02/2008