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05/11/2007

Photo du week-end : AG à Tolbiac et mouvement dans certaines universités

Les universités s'écrivent mais elles se regardent aussi. Tous les week-end je publie une photo en lien avec les universités. En France, à l'étranger, des bâtiments, des étudiants....espérons que cela vous fasse un peu voyager. Bien entendu si vous avez de belles photos, n'hésitez pas à me les envoyer.
 
amphi étudiant AG université mouvement Tolbiac paris
(photo prise par perspikace sur flickr)  Brutal come-back en pleine période CPE ? Non, cette photo a été prise le 31 octobre dans l'amphi N du Batiment Tolbiac de l'université Paris 1. Les étudiants étaient réunis en assemblée générale. Dans plusieurs universités ces dernières semaines, ont eu lieu des assemblées générales similaires. On est encore loin de l'amplitude du mouvement atteint pendant le CPE, mais certains y voient déjà le frémissement d'un mouvement étudiant à venir. (Dans le JDD, dans La Croix, Sur Europe 1...)
 
Déjà, ici ou là on voit revenir les mêmes problématiques que lors des mouvements précédents : 
> le blocage des locaux : c'est devenu le mode d'action préféré d'une partie des militants étudiants. Posé à la fois comme préalable à l'action (sinon "on a pas le temps de réfléchir"), comme moyen d'action (...pour étendre l'action et se compter) et parfois aussi comme fin ("réoccupons l'espace, réinventons l'université...") il est au coeur du rapport de force et au coeur des stratégies. La différence avec le CPE, c'est que les Présidents d'université semblent s'y mettre eu aussi. Là où pendant le dernier mouvement étudiant, la fermeture administrative était maniée avec précaution, comme dernier recours, elle semble être devenue aujourd'hui une réponse aux menaces d'occupation ou de blocage. Une sorte de réponse du berger à la bergère. Et ça n'a pas l'air de plaire aux étudiants "bloqueurs".
 
Je crois que les fermetures administratives des universités comme les blocages par les étudiants sont les deux versants d'une même médaille : l'impuissance. Le blocage des locaux par les étudiants trouve son origine dans les occupations d'usines. Mais là où une occupation d'usine était généralement la conséquence de l'acte de grève, pour les étudiants c'est devenu le moyen de la déclencher. Là où pour des ouvriers ou des salariés, la paralysie de leur lieu ou de leur outil de travail est le résultat d'une large mobilisation, les étudiants qui usent du blocage cherchent à obtenir une adhésion, un soutien de leurs camarades. On a encore en mémoire les tensions très fortes qu'avaient engendrés les blocages de batiments universitaires pendant le CPE, et parfois même entre étudiants du même camps. 
 
Faut-il mettre la promptitude de certains présidents à fermer leurs locaux sur le compte de l'expérience acquise pendant le CPE ou de consignes strictes reçus du ministère ? La fermeture peut être lourde de conséquences. Elle nécessite une communication sans faille, une excellente organisation. Elle peut parfois agir à contre sens en focalisant l'attention sur la poignée d'étudiants mobilisés et en donnant corps à leur mouvement. Dans le cas de l'université Paris 1 (Tolbiac) elle semble par exemple avoir cristallisée la tensions entre la direction de l'université et un groupe d'étudiants, entrainant une cascade de fermeture (voir les communiqués sur leur site).   
 
Du côté étudiant c'est le signe de la faiblesse des organisations, de la faiblesse de l'engagement politique. L'expression aussi d'une certaine radicalité qui dépasse du coup largement le cadre des revendications universitaires. Du côté des directions d'université c'est sans doute l'aveu de l'absence d'un dialogue social ou d'outils de concertation avec les étudiants. C'est aussi la marque très claire de l'incapacité des directions d'université à maintenir l'ordre sur les campus. Je ne parle pas ici de gros bras ou d'interventions physiques, je parle de
- respect du matériel et des locaux > mais comment respecter des locaux quand on a le sentiment qu'eux-même ne sont pas entretenus...?
- respect de règles de vie en collectivité > mais comment respecter des règles quand on a le sentiment que la notion même de sanction n'existe pas à l'université ?   
 
> le rapport aux médias : éxecration du coté étudiant, inexpérience du coté des universités, le constat est affligeant. Sur le blog de certains étudiants mobilisés à Nantes on trouve ici et quelques indications dont les médias sont perçus par les étudiants mobilisés : 
 
"En se (sic) qui conserne(sic) les médias l'AG a voté contre l'introduction de caméras pendant les assemblée(sic) générales, et pour la création d'une commission médias qui s'occupera de transmettre nos messages et revendications aux médias de façon à ce que notre parole ne soit pas déformée par ces derniers"  AG du 25 octobre 2007.
 
Peur de la répression ? Volonté de ne pas montrer les visages ? Pourquoi ne pas interdire les appareils photos et les téléphones portables dans ce cas de figure ? Peur de montrer que des avis contradictoires s'expriment ? Pour des étudiants qui accusent la LRU de limiter la démocratie interne aux universités c'est pour le moins contradictoire. Si Dassault ou Lagardère publiaient le même genre de résolutions, j'imagine les cris d'orfraies que pousseraient ceux-là même qui ne tentent rien de moins que ,  pour controler l'image de leur mouvement, d'entraver le travail des journalistes. On est jamais à l'abri de quelques contradictions, la démocratie et la gestion de la contradiction c'est toujours un long apprentissage.
 
Quant aux directions d'université, la communication de crise reste un domaine sur lequel elles sont perfectibles. Je recense déjà 3 ou 4 blogs de comités étudiant mobilisés , alors que les sites web des universités touchées par les blocages sont pour la plupart complètement muets. Peut-être se passe-t-il des choses sur les intranets. Mais les blocages et les fermetures administratives sont le genre d'évènements qui déclenchent une anxieté qui dépasse le cercle des étudiants. Parents, partenaires, ils sont en général nombreux à être en quête d'informations : pour organiser un trajet, pour planifier un évènement à l'université, pour récupérer un papier administratif...
 
Exemple : à l'université Toulouse 2 - Le Mirail. Une assemblée d'étudiants à lancé un mot d'ordre de blocage pour demain matin 6 novembre. On trouve sur le site internet de l'université (en UNE) un communiqué de la direction, c'est une bonne chose. Cependant, le communiqué exprime une position de principe. A aucun moment il n'assure que les cours seront assurés et que l'accès au batiment sera garanti. Il manque donc certaines informations. 
 
d43797236d4d17db63a2eb49ffc20a35.jpgAutre exemple : l'université de Provence a été fermée par son Président la semaine dernière. Aujourd'hui, l'information affichée sur le site internet de l'université est pour le moins sybilline et déroutante. (voir l'image)
 
Dernier exemple : l'université de Rouen dont les UFR de Lettres et Sciences humaines sont touchés depuis quelques jours par des blocages. Sur le site internet : rien, dans l'espace média : rien.   
 
Les sites internet et des communiqués peuvent-ils suffire dans ce genre de cas de figure ? Ne faudrait-il pas mettre en place une F.A.Q., un numério de téléphone dédié ? Autant de mesures légères qui peuvent changer radicalement la physionomie d'une situation et contribuer à l'apaiser.  
 
Vous vous demandez pourquoi la situation m'inspire ? Après plusieurs années comme responsable syndical étudiant j'ai eu l'occasion d'être confronté plusieurs fois à ce genre de situation pendant les  5 années que j'ai passée à la direction du cabinet du président de l'université de Nantes. Maintenant que je suis journaliste, j'ai tout loisir d'observer les façons dont les uns et les autres agissent et communiquent. Je serai ravi d'en discuter avec vous. 

17:30 Publié dans mouvement anti-LRU , Photo du week-end | Lien permanent | | |

Commentaires

Merci de votre message laissé sur mon blog (http://fraternite.blogspirit.com/ )
Bon, sur le site web de l'université de Tours, il y a bien un message indiquant le blocage, l'opinion de la présidence, etc. Mais cette information est difficile d'accès (il faut cliquer sur actualité, bref, ce n'est pas en première page) D'accord aussi sur ce que vous dites à propos du respect du matériel, qu'il est plus pertinent de demader si le matériel est en bon état: demander le respect nécessité d'être traité avec respect

Ecrit par : catherine | 08/11/2007

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