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19/04/2007

La tuerie de Virginia tech et la sécurité sur les campus

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Ma journée d'hier a été ponctuée par les flash d'informations qui ouvraient tous systématiquement sur le massacre commis dans une université américaine.  J'ai voulu laisser passer une journée avant d'en parler sur le blog.  Je ne vais pas revenir en détail sur les faits, la couverture presse est à la hauteur du degré d'horreur d'un tel évènement. (le dossier du Monde est très bien fait. Sur internet la couverture est également phénoménale.

Le monde virtuel Second Life compte déjà un mémorial pour les victimes, sur Youtube vous pourrez trouver plusieurs vidéos reprenant soit les flash des chaines d'informations us soit les vidéos "hommage" faites par des étudiants.  L'encyclopédie collaborative Wikipedia consacre déjà une page (en) très complète sur cette tragédie. Depuis hier et toujours aujourd'hui sur le célèbre moteur de recherche de blog technorati  "virginia tech" est resté n° 1 des recherches effectuées.  Internet a joué un rôle-clef dans la diffusion de cette information.

L'université de Virginia tech semble avoir maitrisé sa communication de crise en s'appuyant énormément sur internet. Les étudiants ont été prévenu par email, le site de l'université s'est immédiatement transformé en outil de communication de crise, actualisé tout au long de la journée, avec fil d'infos et déclarations vidéos du président.  Le journal étudiant de l'université couvre également l'évènement ici.

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La question qui est parfois revenue dans la bouche des commentateurs français c'est : un tel massacre pourrait-il avoir lieu chez nous ? Au-delà de la question de la vente très contrôlée d'armes à feu dans notre pays, aucune université française ou même européenne n'a jamais été au coeur d'une telle tragédie. Pourtant, mise à part quelques universités parisiennes et urbaines qui disposent d'agents de sécurité, cette question est réellement le parent pauvre de la gestion et de l'investissement universitaire. Les campus français ont en outre la particularité pour beaucoup d'entre eux d'être bien insérés dans le tissu urbain voir même situées en plein coeur des villes. Ouvertes au monde et sur la société, nos universités sont donc perméables aux problèmes et tensions qu'on y rencontre. Par exemple, des agressions ont déjà eu lieu sur les campus de l'université de Nantes : exhibitionnisme, menace à l'arme blanche et agressions physiques. Ce sont des évènements extrêmement rares (en 5 ans nous avons connu 3 ou 4 problèmes de cet ordre), mais comme à n'importe quel endroit ils peuvent survenir. Lors du mandat du Président Resche nous avions travaillé sur les aspects "sécurité" des campus : audit, travail sur l'éclairage, installation de vidéo-surveillance dans les endroits sensibles, contrat avec des sociétés de gardiennage, travail en commun avec la sécurité publique...

A bien regarder l'exemple de Virginia Tech et la polémique qui enfle sur la réaction qu'aurait du ou pu avoir la direction de l'université je crois pouvoir dire que la plus grosse lacune en France porte sur la  formation et la préparation du personnels universitaires (à tous les échelons hiérarchiques) face à ce genre de situations. Communication de crise, procédures à suivre, personnes à contacter...beaucoup de points névralgiques  qui, dans de grosses structures comme les universités nécessitent une longue préparation. L'exemple de l'université D'ottawa qui a été frappée d'une même tragédie il  y a quelques mois est intéressant : cliquez ici. Le recteur de cette université a d'ailleurs adressé un message à toute la communauté universitaire  : cliquez ici.

> un article intéressant sur l'image des universités américaines et la bataille marketing de Virginia Tech : cliquez ici 

> Plusieurs étudiants ont mis des photos en ligne : kevincupp, alka3en, coda67,  leiderman, icki, Charlotte Geary Photography

> Pour en savoir un peu plus sur Virginia Tech : cliquez ici 

15:45 Publié dans enjeux universitaires , sécurité campus | Lien permanent | | |

Commentaires

La question que vous soulevez est très délicate et, à mon sens, pas spécialement essentielle. Se demander si un événement comme ce qui a eu lieu à l'Université polytechnique de Virginie peut se produire dans des universités européennes n'a pas spécialement de sens. Les législations, les pratiques d'enseignements, les cultures sont différentes.
Vous avez à juste titre rappelé les conditions très controlées de ventes d'armes en France (et en Europe, j'imagine), comparativement aux Etats-Unis et leur fameux IIème amendement. Ce point, justement, suffit à lui seul le fait que de tels événements ne puissent se repoduire dans nos frontières.
Aussi, le concept "prévenir plutôt que guérir" que vous semblez proposer, me semble hors de propos.

Ecrit par : YellowNigga | 19/04/2007

merci pour votre commentaire. Je ne fais que réagir aux questions qu'ont soulevé des journalistes et que j'ai pu entendre. A chaud on n'hésite pas à poser des questions qui plus tard paraissent hors de propos. Je souhaitais juste profiter de ce "fait divers" horrible pour interroger le sujet de la sécurité dans nos universités. Toutes proportions gardées (je crois d'ailleurs que je suis explicite sur ce point) , le sujet n'est pas anodin.

Ecrit par : Manuel C. | 19/04/2007

Il est évident que ce qu'il s'est passé aux Etats-Unis est choquant à plus d'un égard. Cependant, lorsque vous parlez de s'interroger sur la sécurité de nos universités, qu'entendez-vous ? Est-ce que les universités françaises ne sont pas sûres ? On est bien sûr pas à l'abri qu'un tueur psychopathe déboule un jour dans les couloirs d'une faculté X. Mais je continue à penser que ça reste du domaine de l'inconcevable en France.
De plus, quel type de formation devraient suivre les cadres des universités pour faire face à ce type de problème ? Car à vous lire, on dirait que ces personnels seraient "incapables" de se saisir d'un combiné téléphonique et de composer le numéro des premiers secours...

Excusez-moi si je peux vous paraître impertinent (ou trivial), mais ce n'est pas mon but.

Ecrit par : YellowNigga | 19/04/2007

Je comprends vos questions. Vous sous-entendez gentillement que je n'ai pas été clair ;-). je vais donc tenter d'éclaircir les choses au risque d'être un peu trivial :

> NON un tel massacre a très peu de chance d'arriver chez nous. On met un tout petit peu plus de temps à tuer 33 personnes au couteau qu'avec une arme à feu. Et comme acheter une arme à feu en France est légèrement moins simple qu'aux USA...

> OUI les personnels d'université, du secrétaire général à la secrétaire de département ou d'UFR en passant par le personnel de bibliothèque et l'enseignant ne reçoivent pas voire jamais de formation pour apprendre à réagir à ce type de crise. Exemple de Virginia tech : on entend des coups de feu à un bout du couloir faut-il
- réponse A : sortir en courant et faire évacuer la classe
- réponse B : fermer les issues de la classe et se barricader
...
Sans parler des processus de gestion de crise qui découlent de drame de la sorte. Comment communiquer auprès des familles, de la presse, des étudiants ? Quelles informations diffuser ?...Tout cela ne s'improvise pas. Virginia Tech et la police sont critiquées pour leur façon d'avoir agi le matin du drame et pour autant on peut constater qu'ils disposent d'un très efficace cellule de crise qui a efficacement relayée les informations, organisé des manifestations officielles de commémoration en très peu de temps et qui s'efforce de maitriser sa communication.

C'est le genre d'évènement qui doit faire s'interroger chaque université : "face à un tel drame comment notre institution aurait-elle réagi ?"

Ecrit par : Manuel C. | 19/04/2007

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