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14/04/2007

Richard Descoings et les universitaires : ça chauffe sur les blogs.

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Il y a quelques jours j'évoquai le lancement du blog de Richard Descoings, le directeur de l'IEP de Paris. Il semble que je ne sois pas le seul à être agacé par la "diversification" de Sciences-po et sa propension à concurrencer certaines filières universitaires. Un débat sérieux fait rage sur la question de l'accès au concours d'avocat.
 
Le directeur de Sciences-Po évoquait dans une note lundi 9 avril un arrêté permettant "aux diplômés de Sciences Po des mentions "carrières juridiques et judiciaires" et "droit économique" de se présenter aux écoles du barreau". Dès le 12 avril on trouvait sur le blog de Frédéric Rolin ( professeur de droit public à l'Université de Paris X Nanterre) un "appel des membres des Facultés de droit contre la remise en cause de l’utilité des études juridiques" (voir ici). 130 signataires plus tard, la passe d'arme ne cesse pas et Richard Descoings contre-attaque sur son blog.
 
Je trouve ce débat passionnant à plusieurs égards. Sur le fond : parce qu'il pose la question du contenu du dîplome et de la qualité de l'enseignement. Sur la forme : parce qu'il préfigure sans doute les tensions inévitables que ne manqueront pas , dans les prochains mois, de secouer notre enseignement supérieur. Lui qui s'ingénie depuis de nombreuses années à faire coexister des "écoles" (toutes ne sont pas "grandes") avec des moyens conséquents pour un petit nombre d'étudiants et des universités sans moyens à la hauteur, pour le tout-venant.
 
Par ailleurs, je m'étonne de l'emploi du mot "faculté" à tout bout de champ.  L'encyclopédie Wikipedia est très claire sur ce point : "après le mouvement de mai 1968, la loi Faure supprime les facultés, pour les remplacer par des unités d'enseignement et de recherche (UER), qui deviennent des unités de formation et de recherche (UFR) en 1984."
>>> pour lire tout l'historique : cliquez ici

Le mot "faculté" est donc synonyme d'un temps où le repli disciplinaire était la règle et où les universités en tant qu'établissement public d'enseignement supérieur n'existaient pas. Je comprends qu'il puisse compter encore quelques nostalgiques parmi certains de nos collègues enseignants, je comprends aussi que nos collègues universitaires, à l'heure où ils ont le sentiment de subir une "attaque" veuillent affirmer avec force leur identité disciplinaire et se servent du mot faculté comme d'un étendard. 
 
La question que je me pose quand je constate l'emploi du mot "faculté" c'est : faut-il y voir une connotation politique ? Alors que tout pousse actuellement l'enseignement supérieur français à se structurer autour de grands pôles universitaires pluridisciplinaires visibles à l'international, revendiquer son statut de "faculté" au sens où on l'entendait autrefois serait sans doute contre-productif. 

08:35 Publié dans enjeux universitaires | Lien permanent | | |

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Commentaires

On dirait qu'il ne veut pas que je post sur son blog :(

Ecrit par : Arnaud | 14/04/2007

Le vocable de "faculté" présentait surtout un intérêt réthorique. Vous voyez un appel signé par les "personnes enseignant dans les UFR ou départements d'UFR à caractère juridique"...

Ecrit par : Frédéric Rolin | 14/04/2007

Une précision sur le terme faculté: je n'ai plus souvenir du texte (un décret d'application de la loi Savary?) mais, à titre dérogatoire, les UFR droit ont conservé la possibilité d'utiliser le terme de "faculté de droit" et de "doyen" au lieu de "directeur".

Ecrit par : Serge Slama | 17/04/2007

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